Corinne ,  séjour Japon  mai 2014

 

Plus nous nous entraînons plus nous sommes amenés à nous poser des questions.

 

Au début de la pratique on se jette à corps perdu dans l’étude , les objectifs nous apparaissent clairs, précis .

Soutenus par le professeur et les plus anciens nous nous sentons pousser des ailes.

Puis les certitudes grâce auxquelles nous avons grandit  semblent être  remises en question,  le professeur fait de moins en moins de concession .

Des katas que l’on croyait assimilés, tout d’un coup ne" marchent" plus , à partir de 4° ou 5° Dan nous commençons à connaitre l’échec aux examens .

Mais que se passe-t-il donc ?   Notre égo étant pleinement satisfait , quelle déception …..

 

c’est à ce stade que beaucoup de pratiquants s’arrêtent ou bien se formulent plein de raisons qui vont les empêcher de progresser.

 

Dans l’apprentissage  du jojutsu shindo muso ryu , l’étude à travers le kata keiko  nous confronte  à cette situation relativement tôt.

Je pense que c’est un bien,  ce travail de remise en question permanent doit nous permettre de devenir plus perméable à ce qui doit être transmis .

Nous sommes loin de nous contenter de faire une collection de katas.

 

Pour cela une grande qualité est requise l’humilité .

Comment celui qui est sur d’avoir compris peut-il continuer à progresser ?

Si nous arrivons à mettre notre ego de coté , nous allons pouvoir jouir pleinement de la profondeur de l’enseignement transmis.

 

Cette fois ci le thème abordé fut principalement le kokoro , difficilement traduisible, pour simplifier on parle de cœur , 

mais il vaudrait mieux dire :  ce qui relie l’esprit et le corps chez une personne .

Alors pour l’expérimenter nous reprenons nos katas du début en essayant d’incorporer cette dimension . 

Quelle belle étude ! 

Il me semble que dans la vie quotidienne ce type de relation a presque disparut , nous vivons sans vraiment nous préocuper de l’autre ,

Nous  perdont petit à petit  la capacité à communiquer de" coeur à coeur", le kata keiko nous permet de nous y familiariser à nouveau et 

croyez moi cela apporte énormement ,certainement plus qu’un grade Dan ou qu'un diplôme quelconque.

 

Encore merci à Matsumura sensei pour son enseignement et la qualité des valeurs transmises .